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(art. 113)… » C’est donc au Sénat que je dois m’adresser, dans cette circonstance, pour lui demander la solution de cette question :

« La Chambre des représentans des communes a-t-elle le droit d’interpréter, à son gré, la constitution ; et, par suite, de changer aujourd’hui le mode observé, depuis plus de vingt ans, pour procéder aux remplacemens à opérer dans le sein du Sénat ? »

Le Sénat se réunit extraordinairement, le 20, pour prendre connaissance, à huis-clos, de ce message. La délibération s’ouvrit immédiatement sur son objet. La plupart des membres présens, au nombre de dix-sept, prirent la parole sur la question et opinèrent contre les prétentions de la Chambre des communes, d’exiger une liste générale de candidats ; à l’unanimité, moins une voix[1], le Sénat décida donc en faveur de l’opinion du Président d’Haïti. Il chargea son bureau, auquel furent adjoints deux autres membres, de préparer un message en réponse à celui du Président, lequel projet lui serait présenté dans la séance ordinaire du lundi 23 septembre. Ce jour arrivé, le message fut approuvé et signé de quinze sénateurs présens à la séance[2]. Une députation l’apporta au Président dans l’après-midi : il en fut on ne peut plus satisfait, dans la pensée surtout que la Chambre renoncerait à ses prétentions, en voyant deux des trois grands pouvoirs constitutionnels d’accord sur l’interprétation des articles du pacte social invoqués par elle-même.

Ce message fut longuement motivé, d’après l’opinion du

  1. Celle du sénateur Dieudonné, qui observa le mutisme le plus complet.
  2. Les sénateurs Dieudonné et Rigaud, opposans, n’assistèrent pas à cette séance, aûn de ne pas signer le message du Sénat, bien que Rigaud eût voté, le 20, comme ses autres collègues,