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plus le développement des principes et ralentissent le jeu de la machine politique, c’est que les grands fonctionnaires, ces orateurs du pouvoir exécutif, se dispensent d’assister aux séances des Chambres et parconséquent de prendre part aux discussions des intérêts publics. Pour donner toute l’extension possible à l’accomplissement de leurs devoirs constitutionnels, la Chambre des représentans leur offre la concession dont le gouvernement qui a le plus anciennement essayé le régime constitutionnel donna le premier l’exemple ; c’est d’admettre avec ces grands fonctionnaires des commissaires de leur choix auxquels il serait permis, au besoin, de porter la parole pour leurs commettans et en leur présence. Ce moyen remplira le but d’une des dispositions les plus essentielles du pacte social[1].

« La Chambre ne terminera pas sans renouveler ses doléances sur le budget des dépenses publiques dont la forme est proclamée depuis 1817. L’honneur national, intéressé à l’acquittement des conditions de la paix, nous avertit sans cesse que la loi des dépenses est un des principaux moyens d’atteindre à l’ordre et à l’économie ; il nous apprend aussi que ce n’est qu’à l’aide de ces deux puissances que notre administration prospérera, et que nous parviendrons à donner à l’univers la preuve incontestable de notre probité politique, et aux citoyens le sentiment de leur liberté et de leurs droits.

  1. La Chambre avouait ainsi, qu’elle reconnaissait peu d’aptitude en MM. Imbert et Voltaire à discourir, à discuter avec ses orateurs.

    En ma qualité de président du Sénat, j’allais voir Boyer assez souvent. Il me fit lire l’adresse de la Chambre ; arrivé à ce passage, je lui dis : « Eh ! bien, Président, ce serait un moyen, pour le gouvernement, d’éclairer la majorité et de la porter à être plus en harmonie avec vous. — Non, me répondît-il, c’est inutile ; cette majorité sera toujours entrainée par les avocats qui la dirigent depuis trois sessions ; ils ne sont pas de bonne foi. »