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du jour ; du reste, depuis 1837 ; il y avait toujours un auditoire nombreux :

Le représentant Daguerre (du Port-au-Prince) eut la malheureuse idée de demander que ce projet fût « lu, discuté, adopté et expédié au pouvoir exécutif en Comité général, avant que la lecture en fût donnée au public. Car, enfin, ajouta-t-il, à qui écrivons-nous ? Est-ce au public ou au chef de l’État… ? » Il fut très-facile aux membres de l’Opposition de repousser cette proposition insolite. Beaugé, E. Lartigue et D. Saint-Preux prirent successivement la parole à cet effet, et Daguerre monta quatre fois à la tribune pour soutenir son opinion ; le public finit par se montrer impatient de son insistance et témoigna son improbation. La Chambre alla aux voix et décida la lecture et le débat de l’adresse séance tenante. La voici :

« Président, — Les représentans des communes, obéissant à la voix impérieuse du devoir et conduits par le patriotisme vers le dépositaire de la confiance publique, viennent vous présenter l’expression des sentimens nationaux dont ils sont les organes.

« Si des circonstances particulières ont retardé l’arrivée de la plupart d’entre eux, ils n’en sont pas moins tous demeurés d’accord, que la prorogation de la session a dû être commandée par une impérieuse nécessité. Le désir que le Président d’Haïti a constamment manifesté d’assurer, d’affermir les principes, constitutionnels, la nécessité d’en conserver l’intégrité, en sout du moins des gages. Toutefois, la Chambre est heureuse du concert qui existe entre sa persuasion et les assurances que vous lui donnez, que la paix publique est établie sur des bases durables. Elle pense qu’à aucune époque de notre existence politique, l’administration du pays ne s’est trouvée plus avantageusement