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étant le second chef de l’Opposition, il nous semble juste d’exposer les principes sur lesquels il, s’appuyait, aujourd’hui qu’il comparaît devant l’histoire et la postérité.

Il commença par rappeler, qu’en apprenant le crime commis sur la personne du secrétaire général, crime précurseur d’une révolte à main armée, la Chambre s’était empressée d’envoyer une députation au Président d’Haïti, pour lui exprimer l’indignation et l’horreur qu’elle éprouvait de ces deux faits anarchiques, et sa ferme intention de concourir au maintien, à la défense de la constitution menacée par les révoltés ; que cette députation se trouva en même temps au palais avec celle du Sénat, et que celle-ci « osa déverser le blâme sur les intentions de la Chambre, à la face du pouvoir que nous affectionnons tous ; » il cita les, expressions outrageantes employées par ces membres du Sénat, tant à cette audience que dans leur compte-rendu : « esprits turbulens, yeux fascinés, prétextes à la malveillance et aux anarchistes, folles imaginations, vaine théorie de pouvoir d’opinion, maux infinis attirés sur le pays. » Il continua ainsi :

« Faut-il le dire ? des mots sont sans importance, quand les choses n’existent pas. Faut-il le dire encore ? quand la justification est désespérée, la calomnie est un refuge. Mais, non : l’horison vient de s’éclaircir, ayons foi dans les convictions du Sénat !… Il est désormais incontestable que le nuage qui recelait tes esprits turbulens, les folles imaginations, les malveillans, les anarchistes, tous les maux enfin, le nuage qui renfermait la tourmente révolutionnaire était dans l’atmosphère du Sénat. Honneur à la Chambre ! Elles se conçoivent, ces calomnieuses imputations dirigées contre notre incorruptible patriotisme ! Toutefois, la Chambre ne s’abaissera pas à relever de telles erreurs. S’il était dans