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voir exécutif, pour lui exprimer ses regrets de cet affreux événement, et en même temps pour s’informer si la sécurité publique est menacée.[1] » La Chambre accepta la proposition, et le lendemain, son président et ses deux secrétaires virent Boyer. Dans la séance ordinaire du 4 mai, cette députation rendit compte de l’accueil qu’elle avait reçu. Le Président lui aura dit : « qu’il n’en attendait pas moins des hommes moraux et amis de l’ordre public qui composent la Chambre, et que la tranquillité ne sera nullement troublée. La vertueuse indignation que vous avez fait éclater, ajouta H. Dumesle, contre un crime si nouveau parmi nous, et qui prouve une si froide atrocité dans son auteur, a été appréciée. »

Trois jours après, on sut dans le public que certains accusés du complot dont s’agit avaient parlé de la Chambre des communes et de son adresse dans leurs déclarations. Cette particularité porta H. Dumesle à proposer à la Chambre, dans la séance du 7, d’envoyer une grande députation auprès du Président d’Haïti, « pour s’informer de l’état des choses et lui porter de nouveaux témoignages du dévouement de la Chambre au maintien des principes constitutionnels. » La proposition fut acceptée, et six membres furent choisis pour s’adjoindre au bureau, et un message adressé au Président pour lui demander le jour et l’heure où la députation pouvait se présenter au palais. Il y fut répondu que ce serait le lendemain : elle s’y rendit.

Le même jour, une députation envoyée par le Sénat se trouvait aussi auprès du Président : c’était à raison de la révolte d’Étienne Manga qui venait d’être comprimée. Les deux corps avaient ainsi pensé devoir faire une démarche

  1. Bulletin des lois, n° 2,