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quelque sorte la cause motrice d’une conspiration ourdie contre la vie du Président d’Haïti, par des gens obscurs qui affectèrent de voir en lui une résistance à la réalisation du bien public ; ne pouvant l’attendre, ils imaginèrent l’assassinat du secrétaire général Inginac pour trouver une meilleure occasion de parvenir à l’exécution de leur projet. En même temps, ils firent éclater une révolte à main armée sur un point voisin de la capitale.

Effrayée elle-même de ces faits qui soulevèrent l’indignation générale, l’Opposition se calma ; mais elle trouva l’occasion d’opérer de l’aigreur entre la Chambre et le Sénat à propos de son adresse et de ces attentats contre la paix publique.

Dans ces circonstances, des intrigues eurent lieu ; elles portèrent Boyer à soupçonner un sénateur d’en être l’auteur, et le Sénat à l’exclure de son sein, en violation ouverte de la constitution. En même temps, un projet fut conçu pour exclure les membres de l’Opposition de la Chambre ; mais Boyer le fit avorter.

Le résultat de toutes ces menées fut la stérilité de la session législative pendant laquelle il n’y eut qu’une loi votée sur les douanes. La Chambre avait scindé le projet du pouvoir exécutif, le Sénat le rétablit tout entier, et ce fait fut la cause d’une rupture complete entre les deux corps.

L’année suivante, le pouvoir exécutif ajourna la session législative sans motif apparent. Un refus d’impôts, à Jérémie, constata la naissance d’une opposition au gouvernement dans cette ville. En même temps, des négociations se poursuivaient pour un traité entre Haïti et la Grande-Bretagne, lequel ne put aboutir, et des arrangemens nouveaux se concluaient à Paris, entre la Répu-