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l’opinion leur en fassent une impérieuse obligation : ils sont placés, organisés pour cela.

Il ne suffit pas non plus qu’ils procurent une situation matérielle supportable, une certaine aisance aux peuples qu’ils dirigent ; il y a également dans l’ordre moral et intellectuel, des besoins auxquels il faut satisfaire, et l’homme d’État doit les apprécier. Lorsque la conscience publique les réclame pour le perfectionnement des institutions nationales, le gouvernement est d’autant plus mal avisé en violant ces institutions ou souffrant qu’on y porte atteinte. Si l’on recherche la cause principale de la Révolution de 1843, on la trouvera sans doute dans les expulsions successives des représentans qui, dans la Chambre des communes, se firent les organes de l’Opposition, pour demander les réformes qu’à tort ou à raison l’opinion désirait.

De leur côté, ces réprésentans ne sont-ils pas reprochables d’avoir donné une trop libre carrièr à leur imagination, dans l’expression de leurs vœux ? Se sont-ils assez pénétrés de la situation réelle du pays, des difficultés qu’elle présentait ? N’ont-ils pas été trop systématiques dans leur opposition ? On sait toutes les concessions qu’il faut faire à l’amour-propre des hommes, quand il est froissé a un haut degré ; mais il y avait lieu, peut-être, de leur part, de ne pas saisir ce qui leur était personnel, pour pousser invariablement la nation a une révolution dont ils pouvaient prévoiries funestes suites. Quelle que fût l’ambition qu’ils avaient de servir la patrie qu’ils aimaient, ils auraient dû se rappeler son passé si plein d’enseignemen, et ne pas compromettre là situation relativement heureuse où elle était parvenue, après tant d’orages politiques.

Enfin, qu’est-il advenu de la Révolution de 1843 ? C’est que : Chef du gouvernement, Chef de l’Opposition, Chef