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On sait du reste que les généraux Voltaire et Victor Poil furent faits divisionnaires, les colonels Lamitié, Denis Tréméré et Bertrand Jean, généraux de brigade ; que bien d’autres promotions eurent lieu dans les grades inférieurs à ceux-là. Le colonel Frémont fut aussi nommé général de brigade ; mais son brevet fut confié à sa famille pour lui être remis en temps, opportun.

Dès le commencement de l’insurrection, alors qu’il n’avait aucune nouvelle de la Grande-Anse ; le Président fit expédier à Jérémie une barge pour y apporter des fonds destinés aux appointemens des fonctionnaires publics et à la solde des troupes. Ces fonds leur profitèrent dans leur insurrection[1]. La marine militaire ne consistait plus qu’en deux petites goëlettes et la Pacification. Le Président pensa à acheter un ou deux navires de commerce qui lui furent offerts à la capitale, lesquels étant armés pouvaient servir à porter des troupes qui auraient été débarquées sur le littoral, afin de concourir aux opérations militaires de celles que le général Borgella envoya à l’Anse-d’Eynaud. Mais il renonça à ce projet, et parce qu’il apprit la retraite du colonel Cazeau de ce bourg, et par rapport au prix qu’on demandait pour la vente de ces navires.

La nouvelle de la mort de Lamarre et de la défection d’une partie de ses troupes parvint au général Borgella dans la journée du 23 février, par une lettre que lui’adressa, des Baradères, le citoyen Bance que le Président avait envoyé en mission à Lesieur. Je partis des Cayes le lendemain matin pour rendre compte de la mienne au Président. Le colonel Bazelais me trouva au Petit-Goave le 25 dans la soirée, et nous continuâmes immédiatement notre route.

  1. Un autre envoi de fonds et de provisions profita aux insurgés le jour où ils entrèrent l’Anse-à-Veau.