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et la défense étaient assurés. Il fit nettoyer et ouvrir les fossés de la ville par des cultivateurs de la plaine appelés en corvée ; les ponts en bois placés sur la rivière de la Ravine furent brisés, ceux en maçonnerie, gabionnés, ainsi que d’autres points qui offraient un accès dans la place. Le général Lelièvre eut le commandement de tous tas gardes nationaux et gardait la ligne, de l’embouchure de la Ravine jusqu’à l’ancien fort où se trouve le confluent de cette rivière avec les fossés. Le général Colin, avec les 13e et 17e régimens, défendait de ce point au pont de l’entrée où se trouvaient des pièces d’artillerie. De là à l’esplanade, les 15e et 23e régimens étaient placés sous les ordres du général Solages. Et le colonel Bellanton, ayant sous lui les 8e et 24e régimens, couvrait la ligne, de l’esplanade à l’embouchure de la rivière de l’Ilet, gardant aussi la poudrière située de ce côté-là. Le général Souffrant commandait la réserve, composée du, 26e régiment et de quelques compagnies d’élite, et se tenait sur la place d’armes. L’arsenal était gardé par le colonel Toureaux avec le bataillon d’artillerie. Enfin, le chef de bataillon Fettierre, bien digne d’une telle mission par ses qualités militaires, devait défendre le bureau de l’arrondissement où se trouvait le général Borgella ; avec le détachement de la garde du Président et un autre du 17e régiment,

Ainsi, sauf les défections qui étaient possibles, la place des Cayes pouvait être bien défendue contre l’armée populaire. Mais ses habitans, les familles qui avaient leurs parens dans ses rangs, s’effrayaient et gémissaient d’avance de cette lutte fratricide, et c’était fort naturel quand on considérait encore que les communications avec le gouvernement central étaient désormais rompues, qu’il avait envoyé dans le Sud presque tous les corps de troupes. Aussi, dès le 4 mars,