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par le colonel Bellanton, et un détachement de la garde à cheval du Président, sous les ordres du capitaine Fettierre, venait d’arriver, annonçant que le général Gardel, commandant l’arrondissement de Jacmel, pénétrerait bientôt dans le Sud, avec le 22e régiment et les gardes nationales de cet arrondissement.

En apprenant l’insuccès de Solages, Borgella lui ordonna de rentrer aux Cayes avec les débris de sa colonne, et il y fit rentrer également les troupes et gardes nationales qui étaient au Camp Périn, avec les poudres qui s’y trouvaient ; il envoya enclouer les pièces d’artillerie qui, depuis longtemps, avaient été placées sur l’habitation Boutellier. Car, le commandant du Sud prévoyait bien que, hors le chef-lieu de ce département, tout le reste allait tomber aux mains du chef d’exécution, qui marcherait infailliblement contre lui avant d’avancer contre le département de l’Ouest.

À l’entrée de Solages, Borgella fit célébrer un service funèbre en mémoire du brave Cazeau et des militaires victimes à la Ravine-des-Sables et au Numéro-Deux, du vaillant Lamarre et de ceux qui périrent à côté de lui. Puis, autorisé par le Président d’Haïti, il promut au grade de général de brigade, Colin, Souffrant et Lelièvre, et il fit d’autres promotions justement méritées : celles de Bruno Picdeper au grade de colonel du génie ; de Fettierre, à celui de chef de bataillon, etc, etc. Riché venait de recevoir le brevet de général de division, envoyé par le Président[1].

Ce général commandait la place des Cayes depuis son retour de l’Anse-d’Eynaud. Sous un tel chef, le service

  1. Le 19 février, je fus envoyé en mission aux Cayes, principalement pour autoriser le général Borgella à faire des promotions dans les grades supérieurs.