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Lazare était le chef supérieur, Solages voulait commettre l’imprudence de pénétrer jusqu’à lui ; mais Cazeau et ses officiers s’y opposèrent. Il cria alors : « Vive le Président d’Haïti ! » dans le vain espoir d’un ralliement à la cause du gouvernement : on fut sourd à ce cri. En ce moment, il ordonna un mouvement en retraite, afin d’attendre le lendemain pour combattre avec plus d’avantage, vu l’heure déjà avancée. Mais l’ennemi profita de ce mouvement pour démasquer son canon et le décharger : par une habile manœuvre de Cazeau qui fit ouvrir ses rangs à temps, aucune victime ne tomba sous ce feu. Le combat ne pouvait plus être évité.

Cazeau l’engagea en marchant avec intrépidité contre les troupes ennemies, d’où un feu vif de mousqueterie partait et abattait ses vaillans soldats : il eut son cheval tué sous lui. Durant ce temps, Solages ordonna au colonel Souffrant de pénétrer dans un bois voisin, afin de contourner l’ennemi ; mais cet officier, d’une bravoure longtemps éprouvée, ne put y réussir : l’ennemi avait prévu ce mouvement, et il contraint le 15e à fléchir, au moment où ce corps voit tomber le vaillant capitaine Morisseaux. En vain Souffrant fait-il avancer le 26e pour soutenir le 15e ; il ne peut gagner du terrain. Le colonel Lelièvre est lui-même forcé de prendre part au combat contre une colonne ennemie qui veut contourner l’armée entière ; sa réserve soutient très-bien le choc. Mais alors le brave Cazeau tombe frappé à mort par une balle, et avec lui plusieurs officiers, notamment le lieutenant Douin qui se crampona à l’un des drapeaux du 13e, en se sentant blessé mortellement.

La retraite devenait impérieuse ; le général Solages l’ordonna, en faisant emporter le cadavre de Cazeau, et des