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En avant et à deux lieues de cette ville se trouve la Ravine-des-Sables : une redoute y avait été élevée et gargée, comme poste avancé par un détachement. Le général Lazare arriva à temps avec sa troupe et un canon, à l’endroit appelé le Numéro-Deux, à peu de distance de la redoute.


Le général Solages, arrivé à l’Anse-d’Eynaud le 22 février, partit de là le lendemain. En route, on trouva sur un arbre, une lettre qui annonçait la mort de Lamarre et la défection de sa troupe ; remise au général Cazeau, elle fut lue à haute voix, et cette nouvelle produisit une pénible émotion dans toute l’armée. Cependant, Solages continua sa marche, en divisant ses forces en deux colonnes et une réserve : la première, sous les ordres de Cazeau, la seconde sous ceux du colonel Souffrant, et la réserve sous ceux du colonel Lelièvre. Le 25, l’avant-garde, parvenue à la Ravine-des-Sables, trouva le poste avancé, commandé par l’officier Clergeau, sur une éminence du chemin qu’il fallait gravir. Attaquée avec résolution, la redoute opposa une vive résistance qui fit perdre du monde ; le chef de bataillon Gervais, du 17e, y fut tué ; mais ayant été contournée, elle fut abandonnée. Il était 4 heures de l’après-midi, quand on fut en présence du gros de l’armée populaire, pourvue d’artillerie.

Solages se porta de sa personne en avant et demanda à parler au chef, comme s’il était possible désormais de s’entendre pour éviter l’effusion du sang. M. Élie Dubois, qui l’estimait, se présenta et lui parla avec affection ; il confirma la nouvelle de la mort de Lamarre, et de la défection du 16e régiment, dont les drapeaux flottaient dans les rangs de l’armée ennemie. Apprenant que le général