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Les opposans eurent le temps d’être avertis de cet ordre, alors qu’ils apprirent le suicide du citoyen Siclay, au Petit-Goave, par suite de paroles vexantes et de menaces dont Inginac fut l’auteur ; ils durent se croire menacés eux-mêmes d’incarcération au moins, sinon d’un sort plus rigoureux : car en même temps on emprisonna au Port-au-Prince, MM. Franklin, Saint-Amand, Covin aîné, Ducharreau, etc. Le général Malette arrêta et envoya à Inginac cinq citoyens qu’il fit emprisonner ; mais les opposans de Miragoane, au nombre d’une vingtaine, s’embarquèrent dans des canots, et allèrent, soit à Jérémie, soit au Corail où ils trouvèrent les insurgés dont ils ranimèrent l’ardeur par le récit du danger qu’ils avaient couru. Ainsi, par la mesure politique très-intempestive que prit Inginac, il occasionnace qui ne pouvait qu’être nuisible à là cause du gouvernement. Il ne se borna pas à cela ; car il se permit de donner certains ordres pour les opérations militaires, lesquels pouvaient contrarier les dispositions prises par le général Borgella ; et cela, toujours dans les meilleures intentions.


En abandonnant la plaine des Cayes, Rivière Hérard et ses compagnons savaient qu’ils pouvaient espérer du concours de la part du général Lazare, à l’Anse-d’Eynaud. On a dit que ce général s’était laissé persuader, que Borgella, était convenu de se déclarer en faveur de l’Opposition, quand elle aurait pris les armes, et qu’il avait promis de la seconder aussi, d’autant plus volontiers, qu’en 1842, il aurait été très-irrité contre Boyer qui lui aurait écrit une lettre sévère, à propos, de quelques matériaux destinés aux réparations de l’église de l’Anse-d’Eynaud, dont il aurait disposé. Que ce fait soit réel ou non, il suffisait de l’as-