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(son cousin), Laudun, Lhérisson et Pilorge, — il lui parla du capitaine Fabre Geffrard, qui l’avait abandonné le 28, en des termes qui prouvaient, et son affection pour cet officier et le regret qu’il ressentait de le voir se jeter dans les rangs de l’insurrection. Borgella avait raison de s’exprimer ainsi, car Geffrard était destiné, plus qu’aucun autre, à contribuer à sa réussite, comme on le verra. Il ajouta qu’il avait appris sa promotion au grade de chef d’escadron, et il envoya au Président des exemplaires de ses d’eux ordres du jour[1].

Après le départ du colonel Cazeau, il y avait aux Cayes le bataillon d’artillerie et la garde nationale de cette ville. Le commandement de la place fut confié au colonel Toureaux, officier d’une grande activité et de beaucoup de résolution. Le 15e régiment et les gardes nationales de Cavaillon, de Saint-Louis et d’Aquin vinrent renforcer la garnison. Le commandant Tessonaux eut ordre de se tenir au Camp Périn, avec le second bataillon de la garde nationale de la plaine, et là, il gardait la route qui conduit de cette plaine à la Grande-Anse, par le Plymouth.

Le général Borgella envoya l’ordre au colonel Cazeau de passer les limites de l’arrondissement des Cayes, afin de poursuivre les insurgés ; et à cet effet, il lui expédia en même temps des lettres d’avis, adressées aux généraux Lazare et Segrettier, par lesquelles il requérait ces généraux, au nom du gouvernement, de laisser passer Cazeau dans le but de sa mission. Ayant su ensuite, par ce colonel, que le général Lazare avait quitté l’Anse-d’Eynaud pour se por-

  1. L’Opposition ayant pris les armes au nom du peuple souverain, elle fit des promotions dans ses rangs d’abord, puis elle offrit des grades supérieurs aux officiers des troupes du gouvernement, pour les embaucher à sa cause. Le comité populaire de Jérémie ayant ensuite promu le chef d’exécution à celui de général de division, ce dernier devint le dispensateur de ces faveurs.