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nationale de la plaine, de rallier celui de Torbeck, et de se porter contre les insurgés : ce colonel partit à 11 heures du matin. Solages arriva en ce moment, et ses troupes à midi. Borgella publia un nouvel ordre du jour où il relatait les faits et disait : « qu’il avait l’espoir de ne trouver qu’un petit nombre de coupables à livrer au glaive de la justice, et qu’il réclamait de nouveau le concours des bons citoyens pour maintenir l’ordre et sauver l’État. » Dans cet acte, il qualifiait le chef de bataillon Rivière Hérard « de perfide, qui avait égaré les hommes qui l’entouraient. » La nuit survenant, il apprit que Cazeau n’avait pas rencontré les insurgés à Praslin : ils avaient abandonné ce lieu pour se porter au bourg des Gôteaux où ils passèrent pour se rendre à l’Anse-d’Eyhaud. Le colonel Cazeau les poursuivit jusqu’aux Anglais, bourgade située aux limites dé l’arrondissement des Cayes.

Les insurgés étaient donc en fuite, pour le moment du moins après avoir reconnu leur impuissance dans cet arrondissement. Elle était telle, et leurs adhérens aux Cayes le reconnurent si bien, que, pendant qu’ils étaient encore à Praslin ; MM. Castel et E. Labastille vinrent prévenir le générals Borgella, qu’ils allaient s’y rendre pour essayer de les persuader à se dissoudre : peut-être leur démarché n’était que simulée, afin de les instruire de la vraie situation des Cayes. Quoi qu’il en soit, ces deux citoyens furent ensuite emprisonnés par ordre de Borgella, et avec eux, MM. Armand Durcé, Barjon fils, Layette et Giraudier.

Dans la même huit du 30, ce général écrivit une lettre à Boyer pour lui rendre compte des faits ci-dessus relatés. En lui citant les principaux personnages qui entouraient le chef de bataillon R. Hérard, — MM. Hérard Dumesle