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une fois que cette assemblée eût commencé son œuvre de rénovation ! Car, à cette époque, l’Opposition avait excité une foule d’esprits à une défiance irraisonnable à l’égard du, chef du pouvoir exécutif, par rapport à Boyer personnellement. Autant on avait eu confiance en Pétion, ou plutôt, autant il avait pu faire agréer ses vues pour nos institutions politiques, autant Boyer eût été impuissant à les maintenir dans la nouvelle constitution, parce qu’il n’inspirait pas la même confiance et qu’il n’exerçait pas la même influence que son prédécesseur.

La constitution de 1816 renfermait, il est vrai, bien des imperfections, et nous avons signalé ce que, selon nos appréciations personnelles, nous y avons considéré comme telles. Mais nous avons dit aussi que : « si les hommes appelés à fonctionner dans les hautes positions législatives et executives se pénétraient bien de l’état réel du pays, rien n’eût pu empêcher cet acte de lui procurer tous les avantages désirables ; » et pour cela « qu’il aurait fallu que tous les conservateurs, que tous les pouvoirs politiques sussent se garder de toute présomption et de toutes préventions les uns envers les autres, etc. » La chose était difficile, nous le savons, mais non pas impossible : car nous remarquons dans l’adresse de la Chambre cet aveu : « que, malgré ses imperfections, la constitution de 1816 eut la vertu de moraliser et de tranquilliser la République durant plus de vingt années. » Était-ce donc peu de chose qu’un tel résultat, et la constitution, telle quelle, ne pouvait-elle pas produire encore ces mêmes avantages ? De ce qu’il s’y trouvait des dispositions réglementaires qui auraient pu ne pas y figurer, s’ensuivait-il, comme le prétendait l’adresse, que ces dispositions « arrêtaient le jeu libre des ressorts du gouvernement dont