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porté sa main sacrilége sur l’arche sainte de nos institutions…

» Anathème ! à jamais anathème à ce liberticide Sénat ! à cet exécrable instrument de la tyrannie, qui a eu l’impudeur et la mauvaise foi de dire : que le peuple ne parle point, ne demande point une autre constitution !… »

Enfin : « L’heure de la régénération a sonné !… Éxécration et malheur ! cent fois exécration et malheur aux égoïstes, aux lâches, à ces enfans dénaturés d’Haïti qui auront été insensibles à la voix de la patrie, notre première mère !… Cent fois exécration et malheur à ceux qui ne se seront pas ralliés au drapeau de la liberté ! Guerre aux ambitieux qui chercheront à perpétuer le régime du despotisme… »

Après ce cri de guerre et quelques autres considérations générales sur la nécessité « d’asseoir les bases du bonheur public, en vivifiant l’agriculture, en activant le commerce, en protégeant l’industrie et les arts, en propagéant l’instruction publique, en encourageant et favorisant les migrations, en augmentant, enfin, par tous les moyens, notre population et nos ressources ; » et d’autres encore sur le danger de la Gérontocratie : — ce Manifeste annonça le changement de la constitution, en proclamant d’abord « un gouvernement provisoire, composé des notabilités, tant dans la magistrature que dans l’armée, et qui sont : les citoyens Imbert, Bonnet, Borgella, Voltaire et Guerrier ; » c’est-à-dire, cinq vieillards d’un âge au moins égal à celui de Boyer. « Le gouvernement provisoire constitué, l’autorité du pouvoir exécutif, ainsi que celle du Sénat et de la Chambre des représentans des communes cesseront. » Puis venaient les attributions con-