Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 11.djvu/249

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sère ? D’où vient le dépérissement de toutes les parties de l’administration ? Une réponse unique se fait entendre de toutes parts : Ce sont nos vicieuses institutions ; le mal vient des défauts de notre constitution, des dispositions imprudentes de notre pacte social où l’on a oublié, presque partout, que le peuple est souverain, où ses droits les plus, sacrés ont été aliénés ; de l’imprévoyance de nos constitutionnels qui ont confié au Sénat et au premier magistrat de la République, des pouvoirs si grands, si étendus, si absolus, qu’ils semblaient croire l’humanité incorruptible et infaillible. Sous l’influence de notre constitution vicieuse, il a été impossible de réformer les abus les plus crians ; il a été impossible d’appliquer aucun remède salutaire à la dépravation générale »

Raisonnant ensuite d’après ces prolégomènes, cet acte examina comment « les trois pouvoirs à la fois étaient parvenus, en mettant en œuvre toutes les ressources insidieuses d’un despotisme hypocrite, alors qu’ils ne parlent que de principes, de bonheur général, de salut public, à trouver le moyen de fouler aux pieds les droits les plus sacrés du peuple, de nous enlever nos libertés une à une, et de réduire le pays à cet horrible état d’àbrutissement. Démoraliser les citoyens, les réduire à la plus affreuse misère pour mieux les asservir, telle est la tendance bien prononcée de ceux-qui sont à la tête des affaires gouvernementales… »

Puis, il passa en revue l’agriculture, la police y attachée, l’instruction publique, les impôts, « l’infernale loi qui établit les droits de douane en monnaie étrangère, » — le personnel de l’administration publique, les emplois tant civils que militaires, « occupés par des sujets incapables,