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voya, du protêt formulé au consulat français ; qu’il trouvait juste la demande d’indemnité et qu’il priait le Président de l’accorder ; qu’enfin, il réclamait lui-même une réparation pour le pavillon espagnol, laquelle il espérait du Président, « en promettant de correspondre de suite à toutes les démonstrations de satisfaction qu’il pourrait recevoir. »

Mais le 16, le secrétaire général eut l’ordre de lui répondre négativement sur ces deux points, « attendu que le gouvernement haïtien avait fait tout ce qu’il devait faire dans cette circonstance, et que le pavillon espagnol n’avait reçu aucun outrage. » Il ajouta : « qu’il serait déplorable que des réclamations pour des faits qui n’ont point existé, donnassent lieu à des difficultés que le gouvernement espagnol, bien informé de ce qui s’est passé, ne chercherait certainement point à faire naître[1]. »

Après avoir reçu cette dépêche, M. de Pointillo partit pour Cuba, et le gouvernement destitua l’enseigne Candiau Michel de son commandement.

Dans l’intervalle, la frégate espagnole Isabelle II avait capturé les goëlettes Amitié et Jeanne, caboteurs haïtiens, en forme de représailles, et les avait amenées à Saint-Yague de Cuba, en y laissant le pavillon haïtien et les équipages et les passagers qui furent traités avec tous les égards possibles ; les passagers eurent la faculté de se promener dans la ville, et l’un d’eux ayant été malade, il fut soigné par un médecin aux frais des autorités.

Le 5 janvier suivant, le Congreso reparut au Port-au-Prince, et M. de Pointillo reproduisit, au nom du gouverneur général de Cuba, la demande de réparation envers le

  1. Télégraphe du 18 décembre.