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(celui de général ou de sénateur), et la somme à payer devrait être le produit d’une souscription nationale, afin que tous les citoyens pussent y concourir et honorer davantage la mémoire du Père de la Patrie, fondateur de ses institutions civiles et politiques. Cette pétition, d’ailleurs bien rédigée, basait la proposition sur les sentimens les plus patriotiques et les considérations les plus morales.

Dans les circonstances où se trouvait la Chambre des communes à l’égard de Boyer, la pétition était une sorte de bonne fortune pour elle ; elle l’accueillit avec joie, et chargea son président H. Dumesle « d’en faire la communication particulière au premier magistrat de la République, en lui offrant son concours pour accomplir ce projet éminemment patriotique, et dont l’exécution honorera la nation. » Depuis vingt ans, une loi l’avait ainsi ordonné ; mais il était dit qu’elle serait une lettre morte, Boyer reculant toujours devant les dépenses qu’exigeait une telle œuvre. Cependant, dans la séance du 2 mai, H. Dumesle dit à la Chambre :

« Représentans, nos conférences avec le chef du pouvoir exécutif offrent toujours cet échange de procédés affectueux, qui est le gage de l’union constitutionnelle à laquelle vous avez consacré une offrande qui ne peut être méconnue. Il a témoigné le plus vif désir de voir la consécration monumentale de la plus grande célébrité de notre histoire ; il rappelle que dès 1818, la Chambre des représentans des communes a voté l’érection d’un monument à la gloire du grand Pétion, et que, si les circonstances l’avaient forcé d’ajourner jusqu’ici l’exécution de ce projet, il espérait que rien ne pourrait désormais arrêter l’effet de cette disposition législative. »

Cette réponse de Boyer, comme on le voit, était une vraie