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dant de l’arrondissement, le colonel C. Leconte, commandant de la place, presque tous ses adjudans et d’autres fonctionnaires, étaient ou blessés ou morts. À Saint-Yague, il y eut semblable chose, mais parce que là, le curé, mû par la superstition, avait porté les habitans à abandonner la ville pour se fixer dans un endroit éloigné de son site[1]. Au Port-de-Paix, les campagnards ayant tenté d’agir de la même manière ; le colonel Alin, commandant de l’arrondissement, en fit prévotalement fusiller un qui fut arrêté en flagrant délit : l’ordre se rétablit immédiatement. À la nouvelle qui leur parvint du pillage qui se commettait au Cap-Haïtien, les généraux Obas et Mouscardy rassemblèrent les troupes des arrondissemens du Limbe et de la Grande-Rivière, et s’y rendirent pour rétablir l’ordre. Le colonel Phélipe Basquez se porta également à Saint-Yague avec les gardes nationaux de l’arrondissement de la Véga, le colonel Cadet Antoine, avecceux de Puerto-Plate. Ces divers officiers supérieurs organisèrent, en outre, des secours en vivres du pays qui furent apportés dans ces deux villes[2]. Au Cap-Haïtien, les chefs de bataillon Bottex et Bélonie Narcisse prirent d’eux-mêmes un commandement provisoire, mais nécessité par la circonstance, afin d’arrêter le pillage et de pourvoir aux besoins des habitans. Le curé Torribio contribua beaucoup aussi, par ses exhortations évangéliques, ou à diminuer le mal ou à faire venir des vivres des campagnes environnantes.

À la première nouvelle du désastre des villes du Nord, le Président y avait expédié des officiers pour savoir l’état

  1. Le Président se vit obligé d’y envoyer l’abbé Péna, natif de cette ville, mais alors curé de la Croix-des-Bouquets, a fin de relever l’abbé Solano auteur de ce fait d’abandon.
  2. Les habitans de Puerto-Plate et de la Véga ouvrirent aussi une souscription en argent au profit de ceux de Saint-Yague.