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risier, Daguerre, J. Paul, S. Villevaleix, E. Berthomieux, Corvoisier et Bénis[1].

La plupart des représentans des localités victimes du fléau avaient hâte de retourner à leurs foyers pour s’assurer du sort de leurs familles. Aussi bien, leur oisiveté à la capitale aurait pu les dispenser de continuer à siéger. On remarquait sur leurs figures le signe du découragement, après avoir sacrifié les principes constitutionnels au repos et à la paix de la République. Ils ne trouvèrent point, — il faut le dire, — une compensation auprès du pouvoir exécutif : jamais Boyer ne parut plus éloigné de laisser penser que la Chambre des communes avait été intimidée par l’appareil de la puissance militaire, indépendamment de la conviction réelle plus ou moins forte, de chacun de ses membres, qu’il fallait à tout prix cesser toutes ces agitations qui troublaient le pays. Des attentions prévenantes, de la part du Président, eussent été de bon goût, du moins, dans de telles circonstances ; car si un gouvernement veut être soutenu avec dévouement, il faut qu’il sache faire beaucoup en faveur de ceux qui lui en donnent des preuves. Aucun chef ne pratiqua mieux cette maxime que Pétion : aussi on personnifiait la patrie en lui.


Le tremblement de terre que l’île d’Haïti tout entière éprouva le 7 mai, et qui fut ressenti en même temps à Porto-Rico, à Cuba, à la Jamaïque, à la Nouvelle-Orléans et dans tous les États du sud de l’Union américaine, fut un de ces fléaux destructeurs qui frappent l’imagination de l’homme, en le pénétrant d’une invincible terreur en présence de la nature et de son auteur. Depuis la découverte

  1. Les cinq premiers entrèrent en fonction, en remplacement de MM. Philippe César, Bouzy et C. Bonneaux, décédés, et de MM. Paret et B. Ardouin. Les deux derniers devaient remplacer, l’année suivante, MM. Pierre André et Viallet.