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« Ces lois, ces dispositions, ainsi que la révision du pacte social, sont les plus pressantes nécessités du pays. Il en est d’autres, sans doute, non moins nécessaires, mais celles-ci doivent les précéder et leur servir, pour ainsi dire, d’introduction,

» Si nous examinions à présent l’instabilité de certaines lois, nous nous étonnerions de les voir s’arrêter tout à coup comme frappées d’inertie, après avoir pris un essor rapide. Dans ce nombre, on distingue le code rural. Il est tombé, et sa chute a écrasé l’agriculture ; mais, il faut le dire, il a subi le sort de toutes les institutions qui ne sont pas dans l’esprit d’un siècle de perfectionnement ; sa chute ne saurait être le résultat des attaques partielles auxquelles il a été en butte. Privé de la sanction de l’opinion, l’intérêt même n’a pu le garantir d’une désuétude hâtive ; mais nous croyons pouvoir avancer, sans craindre d’être contredit, que ce code, modifié et approprié aux besoins de l’époque présente, produira les plus heureux effets.

» L’humanité sollicite, à grands cris, la mise en exécution de la loi sur les hospices : votre cœur entendra sa voix !

» Voilà, président, l’expression fidèle de la pensée nationale. Nous vous la rapportons avec cette confiance qu’inspire le sentiment du devoir ; car il est dans la nature du gouvernement représentatif de révéler, de consacrer toutes les vérités utiles, d’en faire le domaine public du pays.

» Puisse cette franchise être appréciée ! puisse-t-elle vous porter à rendre à la Chambre ce pouvoir d’opinion sans lequel une représentation nationale n’est qu’une fiction !

» La gloire du civilisateur vous est offerte ; accomplissez votre auguste mission parmi nous. Réveillez dans tous