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500,000 pour payer l’annuité de la dette étrangère, indemnité et emprunt, pendant l’année courante.

Le Président convoqua au palais un conseil pour lui faire part de ce projet : il était composé de MM. Pilié, Inginac, Bazelais, Madiou, B. Ardouin, J. Paul, S. Villevaleix, E. S. Villevaleix, Victor Poil. Il leur fut donné lecture des actes préparés à cet effet par le secrétaire particulier du Président, et celui-ci leur demanda leur avis. Ce projet consistait à démonétiser les billets de caisse, à partir du 1er mai suivant, et à rembourser leur valeur en piastres fortes à raison de 50 gourdes de billets pour un doublon, bien que dans le commerce on en fît l’échange à 40 gourdes. Or, comme le trésor n’avait que 800,000 piastres et qu’il en fallait 1,200,000 pour cette opération, Boyer s’était laissé persuader qu’on aurait pu effectuer un emprunt dans le pays s’élevant à la différence, c’est-à-dire 400,000 piastres. Cet emprunt eût porté intérêt à 5 pour cent, tant que l’État n’aurait pu le rembourser intégralement. Cette opération étant faite, les recettes comme les dépenses publiques s’effectueraient indifféremment en piastres ou en monnaie nationale métallique dont le chiffre d’émission était de 2,675,000 gourdes, circulant, sans compter la somme inconnue de fausse monnaie introduite à diverses époques,

Ce plan de finances était sans doute séduisant pour toutes les parties prenantes au trésor public ; mieux eût valu en recevoir des piastres ou de la monnaie métallique malgré l’agiotage que subissait cette dernière dans le commerce, car elle n’était pas au pair avec les piastres. Mais il fallait savoir si les recettes balançaient les dépenses publiques : c’était une des objections à faire au plan proposé, indépendamment du doute qui restait dans l’esprit sur la possibilité