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pouvoirs de l’État à se rompre de nouveau, en jetant ainsi une nouvelle perturbation dans le pays.

» Le Sénat se plaît donc à espérer, Président, que la 6° législature, composée de citoyens qui doivent réfléchir sur les malheurs que nos divisions passées ont attirés sur notre patrie, sentira la convenance, l’indispensable nécessité d’écarter, dans la vérification des pouvoirs, les quatre hommes qui ont été l’objet d’une déchéance si méritée. Sans doute, les nouveaux représentans ne voudront pas faire penser à la nation qu’ils veulent rentrer dans les erremens qui ont agité la session de 1839 à son début ; ils considéreront que l’admission de ces hommes serait cependant une preuve que, loin de répudier leurs doctrines subversives, ils entendent les adopter ; et envisageant toutes les conséquences d’une résolution aussi contraire au vœu, à l’espoir du pouvoir exécutif, du Sénat et du peuple haïtien, les représentans, n’en doutons pas, sauront faire, en vue du salut de la patrie, ce qui, dans les circonstances actuelles, devient pour eux un impérieux devoir ; ils l’accompliront en prenant aussi la détermination de concourir loyalement avec les autres pouvoirs, à tout ce qui sera jugé utile au bien-être public.

» Quoi qu’il en arrive cependant, Président, vos devoirs sont tracés par l’art. 149 de la constitution. Vous devez pourvoir à la sûreté intérieure de l’Etat. Les moyens d’exécution seront entre vos mains ce qu’ils ont toujours été : l’emploi de la force nationale avec cette haute prudence et cette magnanime modération qui vous ont conquis l’estime de la grande majorité des citoyens, qui savent que leur bonheur dépend de l’ordre et de la tranquillité publique.

» Dans tous les cas, vous trouverez le Sénat toujours