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voir le bonheur public : les lumières qui le distinguent parmi ses concitoyens sont, pour le Sénat, comme pour tous les hommes de bien, un sûr garant que, suivant attentivement les progrès de la raison publique, il saura toujours provoquer du corps législatif son concours pour pouvoir opérer, dans l’ordre moral comme dans l’ordre matériel, ce qui deviendrait un besoin pour la nation. Sentinelle vigilante placée pour veiller nuit et jour au salut de la patrie, à son avancement moral, à sa prospérité, au bonheur de chacun de ses citoyens, il n’hésitera jamais, comme par le passé, à prévenir les besoins sociaux, en faisant un noble usage de cette précieuse initiative que lui attribue le pacte fondamental.

» Si le Sénat s’est livré à cette dissertation sur la situation de notre pays, Président, c’est pour mieux arriver à l’examen des questions que votre message lui a présentées à résoudre. En considérant tout ce qui a eu lieu depuis plusieurs années, et depuis la session de 1839 surtout, le vœu national manifesté si publiquement, si énergiquement, à l’égard des hommes dont les projets révélés ont été cause de leur déchéance prononcée par la Chambre des représentans, le Sénat ne saurait hésitrer à dire que ces hommes, réélus par l’influence d’intrigues ourdies parmi un petit nombre d’électeurs qu’ils ont réussi à égarer, à séduire, ne sauraient de nouveau siéger au sein de la représentation nationale, sans violenter la conscience publique qui les a frappés de sa réprobation, sans faire injure à la 5e législature qui les a frappés d’une interdiction nécessaire par cette élimination solennelle, après avoir été témoin de leurs coupables tentatives ; ils ne sauraient rentrer dans le sein de la Chambre, sans exposer l’harmonie si indispensable entre les grands