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formé un autre ; elle avait ensuite élu un sénateur sur la liste de trois candidats présentée par le pouvoir exécutif, et envoyé une députation au Président pour lui annoncer. Cette élection. Cette députation avait rencontré celle du Sénat au palais présidentiel le même jour et elles avaient opéré la réconciliation entre les deux Chambres qui étaient brouillées depuis la session de 1838. Le 8, la Chambre des communes somma les dissidens d’adhérer à l’élection du sénateur, faute de quoi ils seraient éliminés. Le 9, le Sénat se réunit pour entendre le rapport de sa députation du 7 sur ce qui s’était passé au palais, et prendre lecture du messages de la Chambre qui lui annonçait l’élection du sénateur. Obligé par la constitution d’en informer le Président d’Haïti, le Sénat saisit cette occasion pour lui « manifester sa satisfaction de cette mesure, » c’est-à-dire de l’élection dont s’agit, qui rétablissait l’harmonie entre les trois grands pouvoirs. : ce fut l’objet, de son message du 9 octobre. Pendant qu’il l’adressait au pouvoir exécutif, la Chambre recevait une protestation de ses membres dissidens et prononçait leur élimination : ce dont elle informa le Président d’Haïti. Les deux corps étaient en séance en même temps, le Sénat ne pouvait savoir ce qui ce passait dans la Chambre.

Ainsi l’assertion était erronée, et cependant elle formait la base du message de Boyer au Sénat, pour le consulter sur, les opérations électorales qui ramenaient les éliminés de 1839 dans la nouvelle Chambre des communes. Il est vrai ensuite que dans les nombreuses adresses des corps constitués, des autorités civiles et militaires, des corps de troupes, on avait applaudi à l’élimination.

Toutefois, le recours du Président d’Haïti au Sénat le mettait dans la plus fausse position qui puisse arriver à un