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voulu anéantir. Enfin, il s’agit de savoir quelle devra être la marche à suivre par le Sénat et par le Président d’Haïti, dans le cas où la nouvelle Chambre des représentans des communes déclarerait valide l’élection des hommes dont il est parlé plus ha.

» Citoyens sénateurs, désirant toujours m’environner de vos lumières et de votre patriotisme, je viens, par le présent message, demander l’opinion du Sénateur ces graves questions.

» J’ai l’honneur, etc.

Signé : Boyer. »

Le secrétaire général prit ensuite la parole et développa les considérations contenues dans ce message, en faisant un sombre tableau de la situation où la République allait se trouver, si les éliminés de 1839 faisaient partie de la nouvelle législature. Ses collègues l’appuyèrent, et ils se retirèrent ensemble pour laisser le Sénat libre de délibérer à ce sujet ; trois sénateurs les accompagnèrent jusqu’au péristyle[1].

Il y avait une assertion erronée dans le message du Président, d’Haïti, quand il disait que, par son message du 9 octobre 1839, « le Sénat avait donné sa sanction à la résolution de la Chambre des communes concernant la haute mesure de l’élimination de plusieurs de ses membres, qui rétablissait une heureuse harmonie entre les trois grands pouvoirs constitutionnels. » Il suffit de rappeler les faits pour le prouver.

Le 7 octobre, une majorité de 37 membres de la Chambre s’y était réunie ; elle avait dissous son bureau et re-

  1. Ces grands fonctionnaires étaient venus en voiture ; ils avaient pu en descendre assez bien ; mais quand il leur fallut y remonter, cela faisait peine à voir, du moins pour les généraux Inginac et Voltaire : leurs aides de camp durent les soutenir. Et ce spectacle avait lieu devant une jeunesse ardente !…