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brisé le cachet, le président du Sénat dit à ses collègues, au terme du règlement, qu’il y avait lieu d’en prendre lecture à huis-clos, qu’alors les grands fonctionnaires s’expliqueraient aussi. Ce fut un grand désappointement pour l’auditoire qui espérait que tout se passerait publiquement, mais personne né se retira, dans l’attente du résultat.

À huis-clos, le Sénat entendit la lecture du message qui suit, en date du même jour 15 mars.

« Citoyens Sénateurs,

» Des intrigues, ourdies dans la pensée comme dans le but de renverser l’ordre de choses établi, ont fait sortir de l’urne électorale les noms de quelques hommes déjà trop connus par leurs projets subversifs, et que la 5e législature avait éliminés de son sein pour avoir osé attenter au maintien de nos institutions fondamentales. La résolution de la Chambre des représentans ayant reçu la sanction du Sénat, par son message du 9 octobre 1839, dans lequel il me manifesta sa satisfaction de cette haute mesure qui rétablissait une heureuse harmonie entre les trois, grands pouvoirs constitutionnels ; les corps civils et militaires de l’Etat m’ayant, dans leurs adresses, exprimé le même sentiment que tous les bons citoyens ont partagé, serait-il permis de voir dans la réélection de ces mêmes hommes autre chose qu’un acte d’hostilité contre le vœu national ?

» Personne plus que moi ne respecte l’indépendance des assemblées électorales ; mais il s’agit ici de savoir si le vote partiel d’un petit nombre d’électeurs, est capable de détruire l’effet du vote solennel de la majorité de la Chambre des communes, et si des hommes qu’elle a éliminés, il y a trois ans, à cause de leurs coupables tentatives, pourront, de nouveau, siéger au sein de la représentation nationale qu’ils ont profanée, et en présence des an très pouvoirs qu’ils ont