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bert, heureusement, dégagé de son apoplexie, devint plus que jamais opposant à Boyer. On lui imputa même d’avoir dit que le Président n’avait pas le droit de le révoquer, parce qu’il avait été nommé secrétaire d’État par Pétion.

Dans là journée même du 6 février, le sénateur Ardouin avait vu le général Inginac et il lui avait rendu compte de sa conversation du matin avec le Président. Le secrétaire général ne partageait pas son opinion à l’égard de M. Pilié pour être le nouveau secrétaire d’État ; il eut désiré le choix d’un homme moins âgé. « Voltaire et moi, lui dit-il, nous sommes à peu près caducs par notre âge et nos infirmités ; Pilié est de notre âge, quoique plus conservé que nous. Il faudrait un homme politique, en ce moment, à la charge du secrétaire d’État, et Pilié ne l’est à pas. Il a de plus une timidité qui l’empêchera d’obtenir du Président bien des mesures nécessaires dans l’actualité ; et il faudrait l’y pousser afin de parer aux éventualités qui s’annoncent. Le Président est obstiné, et il doit être combattu par des raisonnemens qui lui prouvent l’urgente nécessité de se mettre à la tête des réformes, dont plusieurs sont justement demandées par l’opinion publique et très-réalisables. Je m’efforcerai d’aller le voir démain pour le détourner de l’idée qu’il a de nommer Pilié. »

Cela ne put avoir lieu, comme on vient de le voir. Cependant, M. Pilié étant entré en fonction, le général Inginac lui prêta tout le concours de sa vieille expérience. Il lui conseilla de demander aux administrateurs des financée, 1° un état de tous les employés sous leurs ordres, avec l’âge de leurs services, afin de provoquer du Président des avancemens parmi eux ; 2° un état concernant certaines