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de l’action coupable qui lui fut imputée en 1840 par M. Levasseur. Boyer attribua cette réponse à l’influence du consul général, d’après sa mésintelligence avec le général Inginac ; et, après l’avoir communiquée à ce dernier, il ordonna au secrétaire d’État de repousser cette insinuation malveillante, en prenant dès lors la résolution, quoi qu’il en arrivât, de demander au gouvernement français le rappel de M. Levasseur. De son côté, le général Inginac, indigné d’une telle inculpation, adressa une lettre à M. Lartigue pour y donner le démenti le plus formel.

M. Imbert, on le sait, n’estimait pas le secrétaire général ; et inclinant, toujours en faveur de l’Opposition, il communiqua la lettre de M. Lartigue à certains opposans : le Président eut connaissance de ce fait et pensa aussitôt à sa révocation. Soit qu’ils crussent ou non à la véracité de l’inculpation, les opposans se saisirent de cette « flèche du Parthe » lancée contre le secrétaire général, considéré comme l’organe du Président d’Haïti, afin de mieux assurer leur élection.

Ainsi que M. Lartigue l’avait annoncé, mais par un autre motif, quelques jours après on vit arriver dans le port successivement, la corvette la Circé, les brigs le Hussard et le Bïsson. Et le samedi 29 janvier, le brig le Laurier et la frégate l’Armide, ayant à son bord l’amiral Arnous-Dessaussays, jetèrent aussi l’ancre à côté-deux.

Pendant que l’amiral mandait à son borf M. Levasseur et le commandant Lartigue, il fit saluer le pavillon haïtien par la frégate ; ce salut fut aussitôt rendu par le fort Alexandre. L’amiral adressa ensuite à Boyer une lettre par laquelle il lui demandait une audience ; il lui fut répondu que le Président le recevrait le lendemain dimanche, à 7 heures du matin. À cette heure, l’amiral vint au palais