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présenter aux élections, dût-on même n’avoir pas atteint les 21 ans ; car la jeunesse des villes ou bourgs, en général, était entraînée vers le but bien connu que l’Opposition se proposait d’atteindre.

D’un autre côté, le même journal, à son apparition, avait publié, en forme de prospectus, un article intitulé : « Point de journal sans politique ; » à celui-ci avait succédé un autre ayant pour titre : « Pourquoi Haïti n’est-elle pas plus avancée en civilisation ? » Ces deux articles, remarquablement écrits, avaient donné un nouvel essor à l’Opposition répandue dans tout le pays ; suivis de bien d’autres, ils recommandaient les jeunes hommes qui contribuaient avec M. Dumai Lespinasse à la rédaction du Manifeste. À l’envi, tous ceux de leur âge se sentirent appelés à rajeunir, pour ainsi dire, « la représentation nationale « dans la Chambre des communes. Afin de réveiller le patriotisme des électeurs de la capitale, le journal publia successivement la liste de ceux qui étaient inscrits d’office au conseil des notables, en invitant les autres à y aller réclamer leur inscription. Il finit par poser, le 30 janvier, a la veille des élections, comme candidats, de l’Opposition évidemment, MM. Dumai Lespinasse, Covin aîné, Emile Nau, pour être représentans, et d’autres pour être leurs suppléans. Il en fut de même dans les principales villes ; et dans celles dont les représentans avaient été éliminés de la Chambre en 1839, il était naturel que les mêmes citoyens reparussent devant leurs électeurs.

Il est à remarquer, qu’indépendamment des articles publiés par le Manifeste, pour traiter de toutes les questions importantes qui étaient à l’ordre du jour dans l’opinion publique, le 7 novembre ce journal en fit paraître un sous ce titre : « Utopie de Pierre Gebor. » Sous ce voile, il était à