Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 11.djvu/165

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chapitre iv.

1842. — Proclamation du Président d’Haïti qui convoque les électeurs pour le renouvellement de la Chambre des communes. — Publications à ce sujet par le Manifeste. — Lettres de M. Lartigue au secrétaire d’État Imbert, et réponses. — Arrivée de plusieurs navires de guerre et de l’amiral Arnous-Dessaussays, appelé par M. Levasseur. — Entrevue de cet amiral avec Boyer. — Il désapprouve la conduite du consul général et sollicite du Président la reprise de ses fonctions. — Boyer y consent, sous la promesse que lui fait l’amiral de conseiller son rappel au gouvernement français. — Elections générales : un grand nombre d’opposans sont élus représentons. — Dispositions où se trouve Boyer ; conseils qui lui sont donnés. — Publication des journaux le Temps et le Patriote. — Arrivée d’un légat du Pape ; il arrête un projet de concordat pour régler les affaires religieuses, et se rend à Rome : ce qui en empêche la conclusion. — M. Imbert est révoqué de la charge de secrétaire d’État et remplacé par M. Pilié. — Promotions de généraux ; réflexions à ce sujet. — Convocation extraordinaire du Sénat. — Message du Président d’Haïti à ce corps, à propos de la réélection des représentans éliminés de la Chambre en 1839. — Réflexions à ce sujet. — Réponse du Sénat, suivie de considérations sur la situation politique. — Projet du retrait intégral des billets de caisse, combattu en conseil ; Boyer y renonce. — Condamnations judiciaires contre MM. Devimeux Rinchère et David Saint-Preux.


La 5e législature avait terminé son mandat l’année précédente par une session assez laborieuse : le moment arriva où il fallut la remplacer par une autre. Le 5 janvier, le Président d’Haïti publia une proclamation dans laquelle il disait :

« Citoyens électeurs, c’est pour la sixième fois que vous êtes appelés par la constitution à élire les membres de la Chambre des représentans des communes. Je ne vous retracerai pas vos devoirs ; vous les connaissez. Votre expérience vous prémunira contre l’esprit d’intrigué et de cote-