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C. Touzalin fut mis en liberté et embarqué le, lendemain sur la corvette le Berceau où il passa quelques jours avant d’être expédié par un navire américain qui allait à New-York : le 15 décembre il mourut à bord de ce navire.

Le 5, le Saint-Jacques parut devant le port. M. Levasséur se rendit â son bord, en compagnie de M. Lartigue, commandant du Berceau, et exigea du, capitaine Curet la remise du sac aux lettres et des colis dans lesquels il savait que se trouvaient les faux billets de, dix gourdes expédiés de France à C. Touzalin et consorts, notamment une pierre tumulaire destinée à M. Darius Kenscoff, Haïtien : il fit porter ces colis à bord de la corvette. Le lendemain, il en avisa le général Inginac en lui disant de désigner deux citôyens notables pour assister à l’ouverture des colis, abord du Berceau, et à la vérification des faux billets qui y seraient trouvés. Mais le général Inginac lui fît observer qu’une pareille opération devait avoir lieu à la, douane, en présence de l’autorité judiciaire qui en dresserait procès-verbal ; que les colis, considérés comme marchandises et en contenant sans nul doute, devaient être soumis à la vérification des officiers de la douane en même temps, conformément aux lois du pays, et que ce serait les violer que de condescendre au désir du consul général, puisque le Capitaine Curet lui-même avait protesté contre leur saisie à sou bord, afin de couvrir sa responsabilité envers les chargeurs et les assureurs.

M. Levasseur persista dans sa résolution, et le 8 décembre il procéda à l’ouverture du colis contenant la pierre tumulaire ; son procès-verbal atteste qu’il y trouva « une masse compacte de papiers qui a été reconnue être composée de feuilles portant chacune l’empreinte de six billets semblables à ceux qui circulent en Haïti pour la