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mensongère, M. Levasséur, indignement trompé par ce coupable, s’empressa d’affirmer au Président, qu’il n’était même pas nécessaire de le surveiller, qu’il répondait de lui « corps pour corps : » ce sont les expressions dont il se servit dans son entretien verbal. Le Président, à son tour, dut se rassurer par cette affirmation.

C. Touzalin n’avait pas apporté le pétrin mécanique qui avait été le but avoué de son voyage en France ; et aussitôt son retour, il loua un terrain à Martissant, tout près du Port-au-Prince, pour y faire de la chaux, prétendait-il. On dit alors et on crut que M. Levasseur l’avait aidé dans cette nouvelle entreprise pour une somme de 300 gourdes. Cependant, dans le courant de septembre, de faux billets de dix gourdes parurent dans le commerce ; en octobre, on en découvrit un plus grand nombre, et le 26, deux Haïtiens, dont les noms nous échappent, Lapeyre et un autre étranger furent emprisonnés par l’autorité judiciaire, comme prévenus d’avoir mis en circulation ces faux billets. C. Touzalin alla les visiter et, tint des propos qui firent naître des soupçons contre lui qui avait paru, antérieurement ; s’être associé avec Lapeyre. Le 27, l’autorité fit une descente de lieux chez Madame veuve Touzalin, sa mère, et n’y trouva rien qui pût le compromettre ; le même jour, dans l’après-midi, elle alla faire une perquisition à la campagne de Martissant et n’y trouva non plus aucune trace de délit. Quoique présent à ces deux opérations, C. Touzalin n’était point arrêté ; il le fut le 28 octobre. Pendant que la police judiciaire allait avec lui à cette campagne, M. Levasseur vint à passer sur la route, et il recommanda au colonel Victor Poil d’avoir pour lui tous les égards possible, « car il était assuré, disait-il, que ce jeune homme n’était nullement coupable ; » il l’exhorta lui-même à la