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ses affaires honorablement, après avoir engagé. C. Touzalin à renoncer à son coupable projet. Mais celui-ci ayant osé lui rénouveler la proposition de coopérer à la circulation de faux billets, ce négociant remit cette fois au consul général une dénonciation écrite contre lui. Il est constant qu’en décembre suivant, M. Levasseur expédia C. Touzalin à Jacmel pour y recueillir la succession de l’abbé Lota, décédé curé de cette ville. Revenu au Port-au-Prince, il repartit dans le même mois pour la France, disant qu’il allait y chercher un pétrin mécanique, à raison d’une société qu’il contracta avec un nommé Lapeyre, Français, boulanger établi en cette ville. Mais au lieu du pétrin ce fut de l’impression des faux billets qu’il s’occupa.

Au mois d’avril 1841, un commis de la maison Desèvre et Dejardin, informé du projet bien arrêté de ce jeune homme, crut devoir le dénoncer par écrit à M. Levasseur : ce commis était M. Audray, Français, décoré de la légion d’honneur. Le consul général se décida alors à faire part à Boyer de ces informations, verbalement, en lui promettant d’écrire au gouvernement français, afin que la police recherchât C. Touzalin et mît obstacle à son coupable projet. De son côté, le Président, en le remerciant de cet avis, prit l’engagement de contraindre seulement ce jeune homme à quitter Haïti, s’il parvenait à y retourner.

Dans les premiers jours du mois d’août, les faux billets arrivèrent en partie au Port-au-Prince par un navire français, et il paraît qu’ils furent remis au boulanger Lapeyre, chez qui il en a été trouvé par la suite. Le 27 du même mois, C. Touzalin y arriva par la voie de Saint-Thomas. Interpellé par le consul général, il lui jura qu’il avait renoncé entièrement, à son projet ; et, sur cette assurance