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vœux d’un peuple anxieux de son avenir. Mais, legislateurs, qu’il soit permis à celui qui s’honore de votre choix, à celui à qui vous avez fait la faveur insigne d’appeler une nouvelle fois à présider vos délibérations, de vous entretenir encore de tout ce que votre mission a d’important pour vous-mêmes.

« Souvenez-vous que vous n’êtes pas seulement les mandataires du peuple, que vous n’êtes pas seulement ses députés, mais bien ses représentans, que ce titre, vous revêtant d’une plus grande portion de confiance, vous impose des obligations beaucoup plus sacrées que celles attachées à ces premières dénomination ; qu’il place, en’un mot, votre responsabilité dans vos consciences.

" En vous déléguant le droit d’employer la puissance de la parole pour exprimer ses sentimens, ses vœux et ses besoins, pour faite entendre la voix impérieuse dé ses nécessités, la nation a voulu que tous fussiez les apôtres de la vérité ; que vos accens fussent aussi purs qu’elle est simple et majestueuse ; que vous ne fussiez jamais enflammés que de la noble et sublime passion du bien public, ni entraînés que par le saint enthousiasme du patriotisme. Si la modération s’unit toujours dans vos âmes au sentiment éclairé du devoir, vous ne profanerez jamais l’énergie jusqu’à la confondre avec l’emportement.

» La modération donne de la dignité à l’énergie, elle fait briller aux yeux du législateur la lumière constitutionnelle, ce guide qui doit sans cesse diriger cette puissance de conviction dont l’empire souverain annonce la destination de l’homme dans l’univers ! ! ! »

Cette allocution fut accueillie avec satisfaction par la Chambre, qui en arrêta l’insertion au Bulletin des lois. Elle de prouve pas seulement l’habileté de l’avocat, mais encore