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toute la vie avait été consacrée au bonheur de son pays. Mais, le chiffre de la dépense ayant été porté (autant que nous nous en ressouvenons) à 70 mille piastres, Boyer recula devant l’énormité du sacrifice que le trésor national eût fait ; il ne fut plus question de chapelle, ni d’aucun autre monument en l’honneur de Pétion. Son successeur semble n’avoir pas compris qu’il ne devait-pas léguer ce soin pieux à un autre chef d’État, et qu’en ajournant toujours le vœu de la nation, il se faisait un tort immense dans l’opinion publique.


À cette époque, même, on n’accueillit pas, on reprocha à Boyer les nombreuses modifications qu’il proposa aux chambres législatives, sur certaines dispositions du code civil de 1826, et que les législateurs acceptèrent et sanctionnèrent. Outre l’Opposition dont le rôle était de désapprouver toujours, il y eut bien des esprits éclairés, amis du gouvernement, qui pensèrent que ces modifications altéraient trop les principes admis par les nations civilisées, dans les relations de la famille et dans les conventions sociales. Afin de mettre le lecteur à même d’apprécier ce jugement, nous allons exposer les idées émises par Boyer, dans son message adressé à la Chambre des communes, le 30 avril, avant de parler des principales de ces modifications,

« Citoyens représentans,

» Depuis quatorze années que le code civil d’Haïti a été promulgué, la nation a pu apprécier l’avantage de posséder un corps de lois, où se trouvent réunis, sous des classifications claires, et précises, tous les principes qui régissent les deux grandes divisions du droit civil, les personnes et les biens. Mais l’expérience ayant démontré la nécessité