Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 11.djvu/108

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


» Dans ces graves circonstances, les commandans d’arrondissemens et de communes, les commissaires du gouvernement et tous autres officiers publics préposés à la répression des crimes ou délits, sont chargés, sous leur responsabilité personnelle, de poursuivre et de faire punir, conformément à la loi, tous agitateurs qui tenteraient de troubler l’ordre public. »

Pendant les agitations de la capitale, au-mois d’octobre, il se passait un fait à Saint-Marc, dont aucun acte du gouvernement ne fit mention spécialement, mais seulement par cette simple allusion qu’on trouve dans la proclamation ci-dessus.

Le général Bonnet fut informé à temps, qu’une conspiration ourdie dans la plaine de l’Artibonite, devait éclater dans la ville par sa mort projetée. Il paraît que le licenciement du régiment des dragons de l’Artibonite, ordonné en 1837, avait été la cause originelle de ce complot par le mécontentement qu’il produisit. Quoi qu’il en soit, les auteurs visibles furent arrêtés et interrogés afin d’être jugés par un conseil de guerre ; l’un d’entre eux, envoyé auprès du général Guerrier pour le décider à se déclarer chef du complot, fut arrêté par lui et expédié garotté au général Bonnet. Ce qu’il y eut de singulier dans cette affaire, c’est que l’un des prévenus déclara que le général Guerrier était lui-même l’âme du complot, et que, peu auparavant, il était venu de Saint-Michel passer une nuit dans l’Artibonite, chez le nommé Denis, ancien capitaine d’artillerie, reconnu pour être l’organisateur du complot. On dut passer outre sur cette déclaration en faisant juger les prévenus, à raisonne l’arrestation opérée par le général Guerrier. Denis et deux autres furent condamnés à mort et exécutés à Saint-Marc. Pendant l’instruction du procès, l’ancien ca-