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sionna de grandes pertes à l’État par l’incendie de ces établissemens et des magasins attenans. La session était à peine close, qu’il y échappa de nouveau, par la découverte d’une conspiration ourdie contre ses jours.

L’année suivante se passa en mesures financières par le retrait du papier-monnaie de la quotité de 5 gourdes, et de l’ancienne monnaie métallique dite à serpent qui circulait depuis 1813. En même temps l’hôtel des monnaies en frappait une de meilleur aloi.

1829 fut une année de stériles négociations suivies avec le gouvernement français, pour parvenir à la conclusion d’un traité formel, quant à la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti, et d’une convention financière relative à l’indemnité. Néanmoins, les bases en furent convenues au point que Boyer put, en ouvrant la session législative, annoncer à la Chambre des communes que le demi-droit stipulé pour le commerce français cesserait dès le 1er janvier 1831.

Dès 1828, le bruit avait circulé à l’étranger, que l’Espagne se disposait à une tentative de restauration de son autorité dans son ancienne colonie de l’Est d’Haïti, et cette nouvelle avait porté le gouvernement à prendre des mesures militaires dans cette partie. En janvier 1830, un ministre plénipotentiaire de cette puissance se présenta et réclama pacifiquement la remise de ce territoire ; mais il lui fut répondu que la République n’avait rien enlevé à l’Espagne, que l’indépendance de sa colonie avait été proclamée par les populations qui s’incorporèrent volontairement à la République, que partant l’état des choses ne pouvait changer.

Dans cette année, un agent français arriva avec la mission de refaire les actes convenus précédemment ; mais,