Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 10.djvu/35

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mois en deux mois, et tout retardataire serait contraint par les voies de droit.

Il suffit de lire les dispositions de cette nouvelle loi pour comprendre encore qu’elle n’était pas plus exécutable que la précédente, du moins qu’elle ne pouvait atteindre que les fonctionnaires public sou les citoyens les plus aisés des villes, et par là, occasionner des mécontentemens. Mais, toutefois, le gouvernement persista dans ses vues en obtenant de la Chambre des communes, dans la session de 1828, une loi qui établit « une imposition personnelle et mobilière sur tous les Haïtiens » pour l’année 1829 et prorogée pour 1830, — les citoyens en étant exempts en 1828. Aussi, cette persistance insolite fit-elle penser et dire : que Boyer n’avait d’autre but que de prouver à la France, qu’il avait vainement fait ses efforts pour porter les Haïtiens à remplir les engagemens pécuniaires contractés envers elle ; d’où résultait la nécessité de réduire la somme de l’indemnité, d’après l’espoir que M. de Mackau lui avait donné à ce sujet.


Mais ce négociateur militaire avait promis plus qu’il n’espérait peut-être lui-même. Il fut aisé de s’en convaincre, au retour de MM. Rouanez et Frémont qui arrivèrent au Port-au-Prince dans les premiers jours de février, sur la frégate française la Médée. L’infortuné Daumec avait terminé sa carrière à Paris, sans pouvoir concourir avec ses collègues, à remplir toute la mission dont le gouvernement les avait chargés. Sa mort fut un’événement malheureux pour le Sénat haïtien où ses lumières auraient été d’un grand poids[1].

  1. Je tiens de feu M. Fréderic Martin, Français, qui avait habité le Port-au-Prince et qui était passager sur la frégate la Circé, que dans la traversée, Daumec manifesta souvent le pressentiment de sa fin dans cette mission, quoiqu’il fût toujours d’une humeur gaie et charmante. Il fut malade eh se rendant de Brest à Paris et mourut quelques se-