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Dans la soirée, M. de Las Cases entretint également le Président de l’objet de la première conférence ; et il continua à agir ainsi après toutes les autres, pour faire marcher la négociation directement avec lui, autant pour en obtenir une décision qui la terminerait, que pour se vanter ensuite d’avoir tout réglé entre eux[1].

À la 2e conférence, qui eut lieu le 2 février, les plénipotentiaires français reproduisirent leurs observations à propos de l’article relatif aux « ministres publics » ; et après diverses considérations présentées par les plénipotentiaires haïtiens, ils consentirent à son insertion dans le traité politique dont il aurait formé le 3e article, sauf à adopter une dénomination plus génériqne, disaient-ils, que celle de « ministres publics. » Puis ils proposèrent un article qui devait être le 4e, mais qui resta le 3e du traité, — celui où il est question de « consuls, » et d’un traité spécial à conclure plus tard pour régler, entre la France et Haïti, les rapports de commerce et de navigation sur le pied de la nation la plus favorisée. M. de Las Cases, particulièrement, fit valoir « la grandeur, l’immense étendue de cette concession de la part de la France, tandis qu’elle n’aurait aucune réciprocité de la part d’Haïti, à cause des lois restrictives qui y existent à l’égard des étrangers, etc. » Le sénateur Ardouin lui fit observer, au contraire, que cet article produirait « des effets plutôt favorables au commerce français qu’au commerce haïtien, qui ne se trouvait pas dans une position à pouvoir en profiter. » Un 5e article, devenu le 4e relatif à l’échange des ratifications à Paris

  1. Je ne me permets de parler ainsi de M. de Las Cases que parce qu’il m’a donné des preuves de sa vanité. Mon collègue et moi l’avons entendu prétendre que lui et Boyer avaient réglé les deux traités, au diner que nous donna M. Barthe, garde des sceaux et ministre de la justice, L’amiral Baudin fut très-choqué de cette assertion qui lui fut rapportée,