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chapitre vii.

Le gouvernement française envoie à Haĩti, MM.de Las Cases et Baudin chargés de négocier avec le gouvrnement de la République, d’après les propositions faites par Boyer 1833. — Ils entrent aussitôt avec les plempotentiaires nommés par le Président. — Phases diverses de la négociation. — Un traité politique et un traité financier sont conclus et signés : le premier, reconnaissant la République d’Haïti comme Etat libre, indépendant et souverain ; le second, fixant le solde de l’indemnité due à la France ; à 60 millions de francs payables en 30 ans, etc. — Boyer ratifie les traités, le Sénat les sanctionne. — Les sommes nécessaires au payment de l’annuité de 1838 et celles qui sont destinées à l’emprunt sont embarquées. — MM. de Las Cases et Baudin retournent en France. — MM. B. Ardouin et S. Villevaleix aîné sont envoyes avec eux et chargés de l’échange des ratifications des traites, etc. — S M. le Roi des Français les ratifie. — Retour des envoyés d’Haïti au Port-au-Prince. — Message du Président d’Haïti au Sénat et publication officielle des traites du 12 févriers.


Enfin, après un quart de siècle passé en négociations suivies plus ou moins régulièrement entre la France et Haïti, la France se décida à reconnaître l’existence politique de son ancienne colonie, de la seule manière qu’il convenait à la raison, à la justice, au droit public des nations, et à son rang parmi les puissances civilisées. Mais, que d’efforts employés par elle, dans ce long intervalle, pour y rétablir sa souveraineté, soit sous une forme absolue, soit indirectement ! Et du côté d’Haïti, quelle patience, quelle persévérance ne fallut-il pas mettre en œuvre pour arriver à obtenir la consécration définitive de ses droits comme État libre, indépendant et souverain ! Ces difficultés incessantes, furent-elles uniquement le