Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 10.djvu/316

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


envers une puissance comme la France. Parler à sa raison, à sa justice, faire un appel à ses généreux sentimens, c’était le langage qu’il fallait tenir.

Comme complément à cet acte important, le Président fit insérer sur le Télégraphe du 12 novembre suivant, ses deux messages au Sénat, du 11 janvier 1835 et du 3 juillet 1837, et les réponses de ce corps, du 15 janvier el 8 juillet des mêmes années, précédés d’un article dans la partie officielle où il était dit : « qu’il importait que l’on sût que les deux pouvoirs marchaient dans la plus parfaite harmonie, et que les efforts de l’un et de l’autre ne tendaient qu’au même but : — consolider l’indépendance nationale et promouvoir la prospérité de la République.[1] »

Dans le chapitre suivant, on verra comment furent résolues ces grandes questions entre la France et Haïti.

  1. Il me sera peut-être permis de dire, qu’après la publication de la proclamation du 22 octobre, voyant le bon effet qu’elle avait produit à la capitale, je conseillai à Boyer de publier aussi sa correspondance avec le Sénat, afin de prouver la bonne entente entre lui et ce corps, « Rappelez-vous, Président, lui-dis-je aussi, ce qui se passa en 1825 ; prouvez à la nation que le Sénat vous a donné une approbation entière dans vos propositions au gouvernement français ; publiez ces messages avec les noms des sénateurs ; il faut que chacun ait le courage de ses opinions librement exprimées. » Et en 1838, M. le baron de Las Cases me dit que ces messages avaient produit une certaine impression sur lui et son collègue, de même que la proclamation.