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» 4° À obtenir un traité d’amitié et de commerce sur le pied respectif de la nation la plus favorisée, pour régler les rapports politiques entre les deux pays.

» Tels sont, Président, les vœux que forme le Sénat.

» Il a l’honneur de saluer V. E. avec la plus haute considération.

» Signé : J.-J. Delmonte, président ; J. Georges et Longchamp, secrétaires ; N. Viallet, J. Noël, J.-B. Bayard, J.-P. Oriol, Gayol, Madiou, Bazelais, D. Maillard, Pierre André, Bouzi et B. Ardouin. »

Trois mois après cet échange de messages entre le Président et le Sénat, les journaux français parvenus à Haïti annoncèrent qu’un agent y viendrait incessamment pour régler et décider définitivement les questions subsistantes depuis si longtemps entre la France et la République. En cette circonstance, il était du devoir du Président d’informer la nation de tout ce qui avait eu lieu entre le gouvernement haïtien et le gouvernement français, à partir de la rupture des relations diplomatiques signifiée en 1831 par le consul général Molien. Tel fut l’objet de la proclamation du 22 octobre. Boyer y mit, comme toujours, une grande modération dans ses termes, ainsi qu’il convenait à la dignité d’un chef d’État parlant au nom de ses concitoyens. Après la mention de toute la correspondance échangée entre les deux gouvernemens, depuis le départ de M. Molien jusqu’au retour de M. Dupetit-Thouars de sa mission en 1835 ; de celle échangée entre le Président d’Haïti elle Sénat dans cette année et tout récemment encore, dans laquelle il obtint l’approbation motivée de ce corps ; après avoir exposé les quatre points de ses propositions au gouvernement français, tels qu’on vient de les lire dans le dernier message du