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besoins du pays, vous adressent une députation, non pour revendiquer des attributions, mais pour vous exposer les nécessités de porter quelques modifications à la loi sur l’impôt des douanes… " Rappelant ensuite à Boyer, qu’en présentant la loi dont s’agit, il avait dit à la législature que c’était dans les vues « d’améliorer le système monétaire du pays, » le message exposait que la crise financière que subissaient alors l’Europe et les États-Unis, produisait des effets désastreux sur le commerce et l’industrie d’Haïti, et privait le peuple des objets de première nécessité, en menaçant notre système monétaire d’une chute funeste. Enfin, la Chambre concluait à demander au Président « une loi suspensive du payement des droits en monnaies étrangères, laquelle reparaîtrait dans une occasion plus heureuse, » et elle manifestait l’espoir qu’elle avait dans le succès de sa démarche, qui se réaliserait au retour de sa députation.

Averti par un autre message qui lui demandait l’heure à laquelle cette députation pouvait se présenter au palais, Boyer la reçut avec cette politesse exquise qui le distinguait. Laissons parler H. Dumesle rendant compte à la Chambre de cette conférence. « L’accueil grâcieux que le chef du pouvoir exécutif a fait à votre députation est le présage du succès que vous avez droit d’attendre d’une démarche aussi nationale que juste et raisonnable. La conférence a embrassé les intérêts publics, liés aux effets de la loi qui fixe votre sollicitude ; elle s’est terminée par l’assurance que le Président d’Haïti donne à la Chambre, qu’appréciant sa pureté d’intention, il méditera sur l’objet du message et les explications données, et qu’il fera incessamment parvenir sa réponse à la Chambre. »

Après ces paroles prononcées en séance publique, —