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ret, « en appelant la médiation du pouvoir administratif, à « prévenir les cruelles influences que pouvait exercer sur les intérêts du pays la désastreuse crise financière qui existe au dehors. »

Beaugé, représentant de la Grande-Rivière du Nord, parla aussi de cette « crise financière, » après sa profession de foi où il manifesta « son hommage aux sentimens patriotiques de l’illustre chef qui nous gouverne. La loi, dit-il, qui exige de payer les droits d’importation en monnaies fortes a manqué son but. Cette loi qui devait opérer un heureux changement dans notre système monétaire, contribue journellement au dépérissement de notre commerce. Il est une vérité incontestable ; les étrangers, quelles que soient leurs bonnes intentions de s’y conformer, ne peuvent accomplir cette obligation… » Enfin, après une digression sur les peuples de l’antiquité, sur l’Egypte, la Phénicie, la Perse, la Médie, l’Assyrie, la Macédoine, etc., cet Orateur conclut à l’adoption de la proposition. Il en fut de même de tous les autres.[1]

La Chambre des communes, suffisamment éclairée, arrêta à l’unanimité (moins une voix), qu’un message motivé et raisonné serait porté au Président d’Haïti, par une grande députation à la tête de laquelle se trouveraient son président et ses deux secrétaires. Ce message fut approuvé le 17 juin, en comité général.— Rédigé avec beaucoup de convenance, cet acte débuta par une précaution oratoire propre à le bien faire accueillir par Boyer : « Président, dirigés par les puissantes inspirations du bien public, et les idées de concours et d’harmonie qui doivent à jamais cimenter l’alliance des pouvoirs constitutionnels, les représentans de la nation, organes des vœux et des

  1. Bulletin des lois, n° 5, séance du 16 juin.