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fin de son discours : « Nous ne devons pas pénétrer dans la politique du gouvernement ; et ce qui nous semble un grand malheur aujourd’hui, pourrait devenir, dans quelques années, un grand bonheur pour notre patrie. »

Daguerre était dans le vrai de la situation ; sans cette loi et les ressources qu’elle produisait au trésor public, « en bonnes espèces sonnantes, » Haïti n’eût pas été, l’année suivante, reconnue comme État libre, indépendant et souverain, avec la réduction de 60 millions de francs sur sa dette nationale.

Parmi tous les orateurs qui prirent ensuite la parole, le lieutenant de l’Opposition, David Saint-Preux, se distingua, comme toujours, par des opinions mieux formulées et qui tendaient à fixer les principes dont la représentation nationale devait se pénétrer. Il saisit cette occasion, disait-il, pour faire sa profession de foi : « La pairie universelle, le grand jury national, l’assemblée des électeurs, enfin, a dessouillé ma probité politique de la bave délatrice des méchans. Aussi pure que le feu sacré, ma dignité civique et représentative a été proclamée, et la confiance publique m’a renvoyé sur la chaise curule… C’est la science du monde éclairé, que l’auguste chef qui partage avec la représentation nationale le droit de fixer les destinées du peuple haïtien, est un modérateur ! Et quand il n’y aurait d’autre preuve de son indulgente bonté que la sagesse qui préside à toutes ses actions, relativement aux derniers événemens du Nord, elle suffirait pour convaincre les esprits qui ne cherchent que la vérité… Placé à la tête de toutes les affections sociales, le Président d’Haïti, sans doute, accueillera avec de délicieuses émotions toute représentation qui a pour objet la félicité publique, etc. » L’orateur conclut donc à l’adoption de la proposition Cou-