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Phanor Dupin, qui avait activement figuré dans la précédente législature, et cela, pour être en quelque sorte agréable à Boyer. Mais la majorité était toutefois sous l’influence de H. Dumesle, aidé de son ami. Elle forma une commission, aussitôt que la session fut ouverte, pour présenter à la Chambre un projet de règlement de police intérieure ; cette commission fut présidée par H. Dumesle et composée de D. Saint-Preux, J. Loiseau (de Jacmel), défenseur public, et Rameau, second représentant des Cayes : les trois premiers membres étaient de l’Opposition. Le 24 avril, le projet de règlement fut présenté ; il fut discuté et adopté dans la séance du 28.

Un rapport bien écrit en expliqua les principales dispositions. Ainsi, désormais, les représentans, en entrant en fonction, devaient prêter le serment suivant sur la constitution, et en face du buste d’Alexandre Pétion qu’on voyait dans le tableau allégorique qui était placé au fond de la salle des séances publiques : « Je jure à la nation de remplir fidèlement l’office de député à la représentation nationale, de maintenir de tout mon pouvoir la constitution, de respecter les droits et l’indépendance du peuple haïtien. » À peu de mots près, c’était le même serment que prêtait le Président d’Haïti. La commission disait : « qu’elle avait invoqué la religion du serment… pour attacher le représentant à ses devoirs par le lien de la conscience ; qu’il devait en prêter un comme le sénateur ; qu’en proposant de le faire prêter sur la constitution et devant l’image auguste d’A. Pétion, elle exprimait un vœu : c’est que la vénération pour le grand homme devînt un culte populaire, etc. » — Et quant aux honneurs à rendre au Président d’Haïti, lorsqu’il procède à l’ouverture de la session : « Entourer le premier représen-