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qu’il aurait dû entendre cet officier alléguant les mêmes choses[1].

Le général Monpoint n’avait pas été le seul à envoyer des forces pour réprimer la révolte d’Izidor ; les généraux Obas et Bottex agirent de même. Ce dernier se rendit au Cap-Haïtien à la tête de détachemens du 25e régiment, d’artillerie et de garde nationale. Depuis 1820, Bottex commandait l’arrondissement du Borgne ; en 1832, son commandement s’étendit sur celui du Port-de-Paix, vacant par la mort du général Nicolas Louis, et en 1834 sur celui du Môle, par la mort de l’amiral Bastien. Le 30 mars 1837, le général Léo ayant été foudroyé d’apoplexie, Bottex reçut encore le commandement de l’arrondissement du Cap-Haïtien avec le grade de général de division : témoignages de la haute estime que lui portait Boyer. Il la méritait à tous égards, et sous son autorité active, éclairée, dévouée à la prospérité de tous les citoyens, le Cap-Haïtien et son arrondissement recouvrèrent l’ordre, la tranquillité et le progrès qu’y avait imprimés celle de Magny, mais que Léo avait laissé déchoir depuis 1827[2].

  1. Le 9 mai suivant, le régiment des dragons de l’Artibonite étant en garnison au Port-an-Prince, un cavalier de ce corps s’introduisit dans la cour du palais de la présidence vers 9 heures du soir ; la garde du palais le vit rôdant du côté de la chambre a coucher de Boyer et l’arreta ; on le trouva armé d’un poignard, mais il fit le fou, s’il ne l’était pas réellement. Boyer ordonna qu’on le mit en prison où il resta quelques semaines avant d’être renvoyé à Saint-Marc aux soins de sa famille. Peu de temps après, le Président ordonna, par simple mesure administrative, le licenciement de ce régiment des dragons et de celui des Cayes ; ce qui produisit un mauvais effet.
  2. Le général Léo, afiecte de la goutte comme le colonel Castaing, commandant de la place, n’était capable d’aucune activité, et c’est sans doute à cela qu’il faut attnbuer sa molle conduite dans la révolte d’Izidor. À cette époque, des malveillans répandirent le bruit qu’il s’était empoisonné, à cause de l’insuccès de cette révolte. Peu de temps après lui, Backer fut aussi foudroye d’apoplexie, et ils dirent les mêmes absurdités. Du reste, presque tous les généraux du Nord étaient morts successivement à, l’époque dont nous nous occupons : ces hommes avaient vieilli plus ou moins. Le général Lerebours mourut aussi le 31 octobre 1836. En avril 1837, le gêneral Nord Alexis reçut le commandement de l’arrondissement de Port-de-Paix où il décéda en 1840.